Terminology and classification of muscle injuries

Terminology and classification of muscle injuries in sport: a consensus statement.

 

Hans-Wilhelm Mueller-Wohlfahrt1, Lutz Haensel1, Kai Mithoefer2, Jan Ekstrand3, Bryan English4, Steven McNally5, John Orchard6,7, C Niek van Dijk8, Gino M Kerkhoffs9, Patrick Schamasch10, Dieter Blottner11, Leif Swaerd12, Edwin Goedhart13, Peter Ueblacker1

 Traduit et résumé par Nevraumont Hélène (étudiante master1 en kinésithérapie et réadaptation à l’UCL) dans le cadre d’un stage réalisé au CHL à la Clinique d’Eich et sous la responsabilité de l’équipe de kinésithérapie.

 Introduction

Les blessures musculaires sont très fréquentes dans le sport et pourtant il n’existe que peu d’informations concernant leur définition et leur classification dans la littérature internationale. L’objectif de notre travail est donc de présenter une définition plus précise de la terminologie anglaise concernant les blessures musculaires et ce, pour faciliter la communication diagnostique, thérapeutique et scientifique.

 Méthode

Pour évaluer l’ampleur de l’incohérence et de l’insuffisance de la terminologie existante, un questionnaire a été envoyé à 30 anglophones experts de la médecine sportive. Après l’achèvement de l’enquête, les auteurs principaux ont organisé une réunion avec 15 experts internationaux afin de discuter des résultats et de créer un nouveau consensus unanime concernant la terminologie.

 Résultats

Les réponses ont montré une forte variabilité dans les définitions et ont donc souligné la nécessité d’une terminologie plus uniforme et d’une classification qui reflète à la fois les aspects fonctionnels et structurels des blessures musculaires.

 Discussion

Les principes de traitement actuels pour les blessures musculaires n’ont pas de base scientifique solide. La première étape de traitement est la mise en place d’un diagnostic précis qui est crucial pour un pronostic fiable. Toutefois, étant donné que les définitions des blessures ne sont pas standardisées et que les lignes directrices sont manquantes, l’évaluation correcte des blessures musculaires et la communication entre les praticiens sont souvent difficiles. Le manque de communication qui en résulte aura une incidence sur la progression de la rééducation ainsi que le retour au jeu et on peut alors s’attendre à une incidence sur la récidive et le taux de complication.

 

Consensus

A)Troubles musculaires fonctionnelles

Il s’agit d’une entité clinique distincte, car ces blessures conduisent à une limitation fonctionnelle pour l’athlète mais sont sans évidences macroscopiques. Ce sont des blessures indirectes, c’est à dire non causées par une force extérieure.

Trouble musculaire due à la fatigue et douleur musculaire retardée.

Il a été démontré que la fatigue musculaire prédispose aux blessures.

Les douleurs musculaires d’apparition retardée (courbatures) doivent être différenciées de la blessure due à la fatigue musculaire. Les courbatures se produisent quelques heures après les contractions excentriques et se résolvent spontanément après une semaine, alors que le trouble musculaire due à la fatigue peut également se produire pendant l’activité sportive, conduire à des douleurs sourdes à lancinantes et peuvent augmenter avec la poursuite des activités et si elle sont non traitées – persister plus longtemps et causer des blessures structurelles telles que les ruptures partielles.

Désordres neuromusculaires relatifs à la colonne vertébrale.

Il existe 2 types de troubles neuromusculaires qui doivent être différenciés : un type nerveux lié à la colonne vertébrale ou à la moelle (central) et un type flasque (périphérique). Ainsi, une irritation de la racine d’un nerf rachidien peut provoquer une augmentation du tonus musculaire ce qui peut entraîner ou imiter une blessure musculaire. Cela pourra être transitoire et varier de troubles fonctionnels entièrement réversibles à des changements structurels permanents.

B) Blessures structurelles:

Il s’agit de blessures avec preuves macroscopiques et sont également des blessures indirectes. Ces blessures sont généralement situées à la jonction muscle-tendon, étant donné que cette zone présente des points faibles d’un point de vue biomécanique.

Déchirures musculaires partielles.

La plupart des blessures partielles peuvent être attribuées à l’un des deux types, soit une déchirure mineure (diamètre maximal inférieur à un fascicule de muscle) ou une déchirure musculaire partielle (diamètre maximal inférieur à un fascicule de muscle).

En plus de la taille, c’est la participation du tissu conjonctif adjacent (l’endomysium, le perimysium, l’épimysium et le fascia) qui distingue une mineure d’une partielle.

Enfin, les ruptures mineures guérissent habituellement complètement tandis que les modérées peuvent aboutir à une cicatrice fibreuse.

Déchirures (sub-)totales musculaires et avulsions tendineuses.

Les déchirures musculaires complètes, avec une discontinuité de l’ensemble du muscle sont très rares. Les déchirures musculaires sub-totales et les avulsions tendineuses sont plus fréquentes. L’expérience clinique montre que les blessures impliquant plus de 50% du diamètre du muscle ont généralement un temps de guérison similaire par rapport aux déchirures totales.

Les blessures tendineuses sont elles, soit compatibles avec la partielle (type 3) ou la (sub-) totale (type 4) dans notre système de classification.

Contusions musculaires

Il s’agit ici de blessures causées par des forces extérieures, comme un coup direct de genou d’un adversaire. La gravité de la blessure dépend de la force de contact, de l’état de contraction du muscle au moment de la blessure mais également d’autres facteurs. Elles peuvent être légères, modérées ou sévères. Ce type de blessure peut conduire à des saignements soit diffus ou circonscrits, qui déplacent ou compriment les fibres musculaires causant des douleurs et une perte de mouvement. Il arrive que les fibres musculaires soient arrachées par l’impact, mais généralement les fibres musculaires ne sont pas déchirées par distraction longitudinale. Par conséquent, les contusions ne sont pas nécessairement accompagnées d’un dommage structurel des tissus musculaires. Pour cette raison, les athlètes , même avec des contusions plus graves , peuvent souvent continuer à jouer pendant une longue période, alors qu’une blessure structurelle indirecte même petite oblige souvent le joueur à s’arrêter. Cependant, les contusions peuvent aussi entraîner de graves complications comme le syndrome des loges aigu, des saignements actifs ou de grands hématomes.

 Conclusion

Ce consensus vise à uniformiser les définitions et les termes de troubles musculaires et à proposer une classification pratique et complète. Les troubles musculaires fonctionnels sont différenciés des blessures structurelles et l’utilisation du terme fatigue n’est plus recommandé, car il est un terme biomécanique, mal défini et mal utilisé. Au lieu de cela, nous proposons d’utiliser le terme « déchirure » pour des blessures structurelles, qui sont soit partielles (mineures ou modérées), soit (sub-)totales. Ces termes sont seulement utilisés pour les blessures avec preuves macroscopiques d’une lésion.