Treatment for insertional Achilles tendinopathy

Treatment for insertional Achilles tendinopathy: a systematic review
J.I Wiegerinck, G. M. Kerkhoffs, M. N. van Sterkenburg, I. N. Sierevelt, C. N. van Dijk
6 October 2012KSSTA (2013/21.1345-1255)
Article traduit et résumé par Pauline Vilain dans le cadre d’un stage réalisé au CHL à la Clinique d’Eich et sous la responsabilité de l’équipe de kinésithérapie.

A) Introduction :
Beaucoup d’articles ont été publiés sur les différents traitements existants pour les tendinopathies d’Achilles (non situées au niveau de l’insertion) et les bursites rétro-calcanéennes, et bien souvent ceux-ci sont prescrits pour les tendinopathies d’insertion. Cependant, la localisation a son importance et les tendinopathies d’insertion au niveau du tendon d’Achille sont tout à fait distinctes de ces deux homologues cités précédemment. C’est pourquoi cet article recadre la problématique en donnant les caractéristiques spécifiques suivantes :
– Localisation anatomique : insertion du tendon d’Achille sur le calcanéum, avec la plupart du temps formation d’un bec osseux et de calcifications au niveau du site d’insertion du tendon.
– Symptômes : douleur, rigidité et parfois présence d’un gonflement.
– Signes cliniques : insertion du tendon douloureuse au niveau de la partie médiane de la face postérieure du calcanéum, possibilité de voir un gonflement ainsi que de palper un bec osseux.
Suite à cette définition et d’autres critères d’inclusion (présences d’une échelle de la douleur, de la satisfaction des patients, des différentes complications), 14 études ont été retenues avec un total de 433 patients tous âgés de plus de 18 ans. Le but recherché entre elles : analyser l’efficacité des différents traitements chirurgicaux ou conservateurs connus à ce jour pour les tendinopathies d’Achilles d’insertion.

B) Résultats : traitements actuellement proposés pour les tendinopathies d’Achilles d’insertion

1) Traitements chirurgicaux : 5 types d’opérations dites invasives impliquant le plus souvent des incisions médiales, un peu moins fréquemment des incisions centrales et très peu d’incisions latérales. Toutes sont associées à des résections de la proéminence postéro-supérieure du calcanéum, de la bourse rétro-calcanéenne ainsi que des calcifications intra-tendineuses. Dans toutes ces techniques, le tendon achilléen est détaché dans sa totalité ou partiellement pour être réinséré par ancrages osseux ou par plastie d’augmentation (du tendon plantaire ou du long fléchisseur de l’hallux).
L’importance des complications diffèrent énormément suivant les techniques (plus de mineures que de majeures) mais le taux de satisfaction des patients est inchangé, tout comme la qualification de la douleur. Aucune conclusion n’est possible dans ce cas-là d’après les auteurs.

2) Traitements conservateurs :
a) Injections : polidocanol sclérosant et dextrose hyperosmolaire. La rareté d’analyse à leur sujet implique une prudence particulière quant à leur utilisation.
b) Exercices excentriques : utilisation de protocoles différents, surtout concernant les exercices au sol et les exercices sur toute l’amplitude de mouvement (par exemple sur une marche d’escalier). (F-ROM).
Protocole général : 12 semaines d’entraînement, 2 ou 3 exercices douloureux quotidiens, jusqu’à 3x 10-15 répétitions par exercice.
Les exercices excentriques F-ROM ne sont peut-être pas le traitement de choix pour soigner les tendinopathies d’Achilles d’insertion, à cause d’un taux d’insatisfaits trop important. Ceux au sol seraient donc à privilégier (30% de plus de patients satisfaits par rapport au F-ROM). Cependant, le suivi post-traitement dans ces études est relativement court et les exercices excentriques au sol n’ont été analysés qu’une seule fois.

c) ESWT (extracorporeal shockwavetherapy) : utilisation d’énergies faibles à intermédiaire, sans anesthésie. La douleur mesurée par EVA semble diminuer (-4.8) et cette technique serait très appréciée par les patients. Malgré tout, un effet placebo affecterait fort les résultats obtenus.

d) Others : Laser CO² avec TECAR et cryothérapie par ultrasons. Les études montrent une réduction de la douleur sur EVA, mais leur faible nombre est insuffisant pour amener à une conclusion précise et donner des conseils d’utilisation clinique spécifiques.

(Limite à prendre en compte : ces études ne comparent pas les patients atteints de tendinopathie d’Achilles d’insertion avec des troubles osseux et ceux sans calcifications, alors que le traitement peut différer dans les deux cas. 9 des 14 études analysées ici mettent en avant des troubles au niveau de l’insertion du tendon achilléen sur le calcanéum, soignés 4 fois sur 6 par chirurgie. Une chose reste certaine, l’imagerie est essentielle pour établir le bon diagnostic et ainsi choisir le traitement adéquat.)

C) Conclusion :
– Les techniques chirurgicales dans leur ensemble sont très souvent appréciées malgré des complications éventuelles (mineures plus que majeures). Il est actuellement impossible de dire laquelle est la meilleure pour traiter les tendinopathies d’Achilles d’insertion.
– L’ESWT et les exercices excentriques effectués au niveau du sol paraissent être les traitements conservateurs les plus efficaces. Le premier semblerait efficace chez les patients sans calcification au niveau de l’insertion du tendon achilléen sur le calcanéum malgré le doute d’un certain effet placebo. Ces deux traitements ont cependant peu d’études pour les appuyer.
– Kearney et al. ont conclu que les traitements conservateurs sont à privilégier par rapport aux traitements chirurgicaux.